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TUBERCULOSE : En dépit des progrès, la manace demeure !

"Chaque jour, plus de 5 000 personnes meurent de la tuberculose dans le monde...
lundi 28 mars 2005.


Le combat contre la tuberculose enregistre des progrès encourageants dans la plupart des régions du monde, mais pas en Afrique, où la maladie, qui forme un duo meurtrier avec le sida, prend des proportions alarmantes, selon le 9ème rapport annuel de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Selon un rapport, publié pour la journée mondiale de la tuberculose de jeudi, il y a eu 8,8 millions de nouveaux cas de tuberculose dans le monde en 2003, dont 670 000 chez des porteurs du virus du sida (VIH).

"Chaque jour, plus de 5 000 personnes meurent de la tuberculose dans le monde. C’est l’équivalent de quinze gros avions qui tombent par jour", relève le Dr Léopold Blanc, coordinateur de l’unité " Stratégie et Opération de lutte antituberculeuse, département "Halte à la tuberculose " de l’OMS.

Le rapport 2005 analyse l’évolution de la situation grâce aux données de la période 1990-2003.

" Bonne nouvelle, le nombre total de cas de tuberculose dans le monde a reculé de plus de 20 % depuis 1990 " note le Dr Blanc.

Selon le rapport, en 2003, les taux d’incidence (nouveaux cas) fléchissent ou se stabilisent dans cinq des six régions du monde étudiées par l’OMS, mais augmententait de 1% à l’échelle mondiale.

" Mauvaise nouvelle" la situation en Afrique, confrontée à la double épidémie sida-tuberculose, tranche avec ce tableau encourageant : le nombre de tuberculeux continue à progresser de 3 à 4 % par an.

" Sur 1,7 million de décès par tuberculose enregistrés dans le monde en 2003, autour d’un demi-million concerne l’Afrique ", calcule ce spécialiste.

Le sida et la tuberculose forment en effet une association meurtrière : " l’infection par le virus du sida (VIH) favorise l’éclosion de la tuberculose en affaiblissant les défenses immunitaires ", rappelle le Dr Blanc. La tuberculose est ainsi, une cause majeure de mortalité chez les sujets porteurs du VIH.

Le coût du traitement anti-tuberculeux est de 10 € pour un malade et le "scandale" est que tous n’en bénéficient pas, poursuit-il.

" C’est un devoir d’investir dans la santé en Afrique et en particulier dans la lutte contre la tuberculose " car "c’est une maladie contagieuse qui ne connait pas de frontière et constitue une menace pour la santé dans le monde" comment-il. (*)

Plus de 17 millions de patients ont bénéficié de la stratégie " DOTS " de 1995 à 2003. Cette stratégie efficace de dépistage et de traitement adoptée dans 182 pays, implique "un engagement des pouvoirs publics dans la lutte contre la tuberculose", souligne le rapport. Elle vise aussi à prévenir l’apparition de tuberculose résistante aux traitements comme on en observe notamment en Europe de l’Est.

Si l’on ne fait rien contre la tuberculose au cours de ces 20 prochaines années, près d’un milliard de personnes seront infectées, 200 millions contracteront la maladie, et 35 millions en mourront, souligne "Halte à la tuberculose".

L’un des objectifs du Millénaire pour le développement, définis par l’ONU, est de réduire de moitié, d’ici à 2015 la fréquence de la tuberculose et sa mortalité.

La moitié des nouveaux cas de tuberculose enregistrés chaque année dans le monde se produit dans six pays d’Asie : la Bangladesh, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan et les Philippines.

Dans la plus grande partie de l’Afrique orientale et australe, où les fréquences de la double infection tuberculose/VIH sont les plus élevées du monde, seul un tuberculeux sur trois environ reçoit un traitement antituberculeux complet.

La lutte contre la tuberculose nécessite 2,2 milliards de dollards en 2005, mais le plan mondial "Halte à la tuberculose" évalue le déficite financier annuel (2001-2005) à au moins un milliard. (AFP, le 27 mars 2005)

(NDLR)

Il faut rappeler que, sous la pression de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), l’Inde vient d’adopter un amendement à la loi sur les brevets qui interdit désormais la copie de médicaments brevetés. L’inde était le seul pays au monde à fabriquer des génériques moins coûteux, (en particulier ceux nécessaires au traitement du sida) et a en fournir aux pays pauvres dont l’Afrique.

(*)S’il est vrai que c’est un devoir d’investir dans la santé en Afrique, est-il acceptable de dire qu’il faut le faire parce que la tuberculose ou le sida "sont de maladies contagieuses qui ne connaissent pas de frontière" ? L’Afrique ne serait-elle pas peuplée d’hommes de femmes et d’enfants comme nous ? Les Africains ne devraient-ils pas avoir les mêmes droits que nous ?



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