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"LE GRAND PLAN DE SANTE MENTALE" DE M. DOUTSTE-BLAZY

...Il veut se "pencher "sur le droit des soignants...-
lundi 20 décembre 2004.


Après le double meurtre de l’hôpital de Pau, le ministre de la Santé a annoncé, dimanche soir, les principaux points du plan qu’il doit présenter début février. Il veut se pencher sur les droits des soignants et notamment relier certains services directement au commissariat...

Le ministre de la Santé, P. Douste-Blazy, a demandé dimanche 19 décembre, un "moratoire immédiat" sur la fermeture des lits en hôpital psychiatrique, après le double homicide de Pau et devant le tollé des syndicats qui dénoncent le côté "sinistré" du secteur sanitaire public en France.

"Ce drame nous bouleverse tous, avec l’ensemble de la communauté hospitalière et en 1er lieu la communauté hospitalière psychiatriques publique", a déclaré à la presse M. Douste-Blazy, le visage grave, à l’issue d’une réunion de crise sur "la violence à l’hôpital et la sécurisation des hôpitaux" de deux heures.

"Je demande un moratoire immédiat sur les fermetures de lits en hôpital psychiatrique. La seule manière de répondre à ce que nous avons vécu, c’est le grand plan de santé mentale que j’allais présenter le 15 février et que je présenterai plus tôt, dans les prochaines semaines", a annoncé le ministre de la Santé.

200 millions d’euros

P. Douste-Blazy, a indiqué, dimanche soir sur France 2 que ce plan sera doté de "200 millions d’€" et a affirmé que "dans ce pays, on sait que ça fait 20 ans qu’il y a un problème psychiatrique et 20 ans qu’il y a des rapports et que rien n’a été mis en place".

P. Douste-Blazy a annoncé qu’il allait demander que les services d’urgences hospitaliers et de psychiatrie soient reliés "directement" au commissariat. "On le fait bien pour les bijouteries, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas pour les services hospitaliers d’urgences ou de psychiatrie", a-t-il déclaré. "Ce sont des gens qui donnent leur vie aux autres, qui aident les plus fragiles d’entre nous et se seraient, en plus, des gens qui seraient aujourd’hui la cible de criminels ? Ce n’est pas possible", a ajouté le ministre de la Santé. De plus, a-t-il ajouté, même si les difficultés de la psychiatrie sont réels, en France, "le ratio de personnel est assez correcté dans ce secteur contrairement à ce qui se passe en gériatrie notamment.

Minute de silence

P. Douste-Blazy avait convié, au ministère de la Santé, une trentaine de personnes, représentants des psychiatres, des médecins hospitaliers et des salariés du secteur de la Santé, après le double meurtre d’une infirmière et d’une aide-soignante, samedi matin au centre hospitalier de Pau. (Pyrénées-Atlantiques).

Il a insisté sur la nécessité de ne pas faire d’"amalgame" entre le "drame" de Pau et les "1,5 million de patients" traités par des psychiatres. Le ministre a également demandé "au Président de la République" des mesures symboliques, dont l’attribution, à titre posthume, de la Légion d’Honneur "à ces deux femmes qui aidaient les autres et qui en sont mortes". Une minute de silence doit également être respectée lundi à 12h00 dans tous les établissements hospitaliers, publics et privés.

Ligne directe.

"Depuis 2000, nous avons aux urgences à Saint-Antoine, un lien direct avec la police. Nous ne nous en servons que deux à trois fois par mois, mais quand on appelle, c’est souvent très grave. Nous demandons depuis des années, la généralisation de cette mesure", a témoigné, à la sortie de la réunion, Patrick PELLOUX, Président de l’Associatiion des Madecins Urgentistes Hospitaliers de France (Amuhf). "Nous avons dit au ministre notre surprise de voir que le plan santé mentale devait être présenté dans quelques semaines alors que les personnels n’ont même pas été consultés, pour apporter leurs propositions", a, de son côté, dénoncé Nadine Pringent, secrétaires générale CGT de la fédération de la Santé.

"Le moratoire sur les fermetures de lits en psychiatrie, c’est bien, mais il devrait être étendu aux urgences, aux services de nuit et surtout, aux disparitions d’emplois. De nombreux établissements mettent en ce moment en oeuvre des plans d’économie avec des suppressions de postes", a-t-elle ajouté.

"Des promesses ont été faites, il faut qu’elles soient suivies d’effets. Nous attendons des mesures concrètes concernant la crise démographique des personnels médicaux et paramédicaux et en termes de reconnaissance de la pénibilité", a expliqué la Présidente de l’INPH (médecins hospitaliers), Rachel Bocher.

Les syndicat de psychiatres dénoncent depuis des mois la pénurie démographiques qui les touche. De 700 à 800 postes de psychiatres à temps plein sont vacants en France, selon eux, pour un effectif "théorique" de 3 500 postes de psychiatres hospitaliers à temps plein et 1 200 à temps partiel. Le quotidien Permanent/ Le nouvel Observateur 1999/2000



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