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APPEL POUR UNE PSYCHIATRIE HUMANISTE ET DE PROGRES SOCIAL !

mercredi 3 mai 2006.


Message à diffuser sans modération... Vous pouvez signer cet appel en vous connectant sur le lien ci-dessous :

http://www.psychiatrie-desalieniste.com/article.php3 ?id_article=3

Serge Klopp

Non, les carottes ne sont pas cuites !

Mais la cocotte est pleine !

Non à la destruction de la psychiatrie

public et de secteur.

Appel à l’initiative des premiers signataires suivants : Dr Maurice Béreau, Gennevilliers (92) - Dr Serge Drylewicz, Tours (37) - Yves Gigou, Cadre supèrieur de santé ,militant Ceméa, Villejuif (94) -José Gonzalez, infirmier psy, Montauban (82) - Madeleine Jaeglé, Paris(75) - Serge Klopp, cadre de santé, militant PCF, Paris(75) - Yves Le Bon, psychologue clinicien, Bondy (93)- Dr Jacqueline Mairot, Uzès (30)- Dr Jean-Pierre Martin, intellectuel engagé en psychiatrie (CEDEP) Paris(75) - Dr Jean_François Thiebaux, Alès(30) - Monique Vincent, infirmière, Neuilly sur Marne.(93) - Dr Salah Zebdi, Eaubonne(95)

La révolution de la psychiatrie française qui a amené l’élaboration de la psychiatrie de Secteur et la dimension de la Psychothérapie Institutionnelle, s’est faite pendant la guerre à partir de la dimension psychodynamique duSujet. Ses fondamentaux sont la psychanalyse et le Marxisme. Son objectif fut de mettre fin à l’enfermement des malades mentaux, ainsi qu’à leur relégation en dhors de la société. Il s’agissait de rétablir du lien social, redonner leur statut de citoyen aux « fous ».

Elle se propose d’articuler étroitement soins de prévention, de cure et de post-cure des maladies mentales, de créer les conditions d’un droit de cité aux développements de ses pratiques et à ceux qui en font usage, en recentrant fermement ses activités sur l’accompagnement et le traitement de la souffrance singulière (dimension psychodynamique) du sujet et non sur son "contrôle social".

Alors qu’elle commence à peine à se mettre en oeuvre, elle est attaquée dès le milieu des années 80, par la politique de santé des différents gouvernements qui se sont succédés, notamment par :

La recherche et la valorisation d’un " modèle " thérapeutique soi-disant " scientifique " et " objectivable " niant la dimension relationnelle du soin psychique et l’apport de la psychanalyse, en généralisant des protocoles et des procédures au risque d’interdire la prise en compte de chaque situation traitée.

En outre, la formation des professionnels est progressivement utilisée pour en finir avec l’originalité de l’expérience française en Psychiatrie :

Ainsi, pour les psychiatres, la mise en place du numerus clausus dans les années 80 aboutit à l’organisation d’une hémorragie programmée et planifiée de leur effectif pour les années à venir, un grand nombre devant partir à la retraite sans qu’aucune relève ne soit assurée.

Pour les infirmiers, le diplôme d’Infirmier de Secteur Psychiatrique a été supprimé en 1992 au profit d’un Diplôme d’Etat d’infirmier. Ainsi, ce diplôme inculque de façon univoque une culture biomédicale aux infirmiers (signe/traitement/guérison) en étant centré sur le faire et les protocoles du soin physiques. Alors que nous réclamions l’instauration d’un D.E.-I.S.P (Diplôme d’Etat d’Infirmier de Secteur Psychiatrique spécifique).

De même pour les psychologues ou le champ de leur formation tend à abandonner les référence à la psychopathologie.

Tout tend aujourd’hui à l’individualisation « évaluable » des pratiques au détriment du travail d’équipe et de ses élaborations créatives, alimentant et accentuant des situations et des vécus d’insécurité.

Aujourd’hui nous arrivons à un point d’orgue des restructurations en cours avec le projet " Hôpital 2007 Nouvelle Gouvernance" qui vise à imposer à tous les hôpitaux publics les modes de gestion du libéralisme économique. Or chacun sait que le premier principe du libéralisme économique c’est de générer du profit. Il s’agit donc de développer les soins qui seraient rentables et d’abandonner les autres.

Tout ceci, n’est en fait que la traduction sur le plan de la Psychiatrie de la politique ultra-libérale qui est à l’œuvre actuellement. Politique qui tend, comme dans les autres domaines de la société, à se mettre peu à peu en place en portant des atteintes sévères et systématiques à tous les acquis sociaux et solidaires : Sécurité sociale, Retraite, Education, Droit et code du travail...

Politique qui a subi un premier choc le 29 mai 2005.

Non, les carottes ne sont pas cuites ! Mais la cocotte est pleine !

Parce que la psychiatrie est un enjeu de société pour tous les citoyens.

Comme disait Lucien Bonnafé :

" Une société se juge à la manière dont elle traite ses fous ! "

Parce que cela n’a rien de fatal, nous appelons tous les professionnels et tous les citoyens à se rassembler pour exiger le développement d’une psychiatrie fondée sur :

La défense et le plein développement de l’approche psychodynamique de la souffrance du sujet et non de son approche rétrécie à ses seuls symptômes.

La défense et le plein développement de la créativité dans chaque projet de soins singulier, et non de sa stérilisation dans des procédures standardisées et anonymes

La défense des libertés individuelles des usagers et des professionnels.



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