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Santé :

MENACE DE PLAN SOCIAL DANS LE SERVICE DE MEDECINE FOETALE DE L’IPP DE PARIS !

...27 licenciements... Une médecine de pointe sacrifiée sur l’autel de la rentabilité !
mercredi 28 juin 2006.


Article du journal l’humanité - lien - http://www.humanite.fr/journal/2006-06-14/2006-06-14-831559

« Une maternité qui fait moins d’un accouchement par jour n’est pas rentable », affirme Daniel Beaune, directeur de l’Institut de puériculture et de périnatalité de Paris (IPP). C’est dans une logique purement comptable qu’il a annoncé hier le possible licenciement de 27 personnes posant le transfert rapide du centre de diagnostic prénatal et de médecine foetale de l’IPP vers l’hôpital Necker de Paris comme la condition sine qua non à l’équilibre financier de l’établissement. Et de poursuivre : « En fermant l’unité de médecine foetale, je réduis de 50 % le déficit de l’hôpital qui s’élève aujourd’hui à 2,3 millions d’euros. »

Après l’annonce du licenciement du chef de service, le professeur Fernand Daffos et de son assistant, François Jacquemard, l’annonce du plan social tombe comme un couperet sur le personnel du pôle menacé. La décision est d’autant plus précipitée que le 18 mai dernier, les responsables de l’IPP, de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Agence régionale d’hospitalisation d’Île-de-France (ARH-IF) s’étaient réunis et étaient déjà convenus d’une étude de faisabilité d’un transfert anticipé, prévu initialement à l’horizon 2009-2010. « La décision de la direction est totalement irrationnelle. Le transfert d’un pôle d’excellence comme celui-là ne s’improvise pas et, à ce jour, il n’y a aucun lieu pour l’accueillir », constate Jean-Claude Gabilan, membre du conseil d’administration de l’IPP.

Au-delà de ce dernier soubresaut, ressurgit la controverse sur la gestion administrative du service durant les cinq dernières années. Ce pôle hyperspécialisé prend en charge les situations périnatales les plus difficiles (grande prématurité, diagnostic des malformations foetales...). À sa tête, le professeur Fernand Daffos. « Le père de la médecine foetale », comme le qualifie Élisabeth Meunier, surveillante des sages-femmes de l’unité. Dans les années quatre-vingt, aux côtés de François Forestier, il met en place le prélèvement du sang au cordon et élabore des techniques de diagnostic sur les différentes pathologies du foetus. Malgré la reconnaissance mondiale de ses compétences, il est le premier visé par ces licenciements. Sa faute n’est autre qu’une lutte quotidienne pour préserver une offre de soins de qualité. « Malgré les avertissements oraux et les notes écrites : les requêtes concernant le matériel médical sont rarement entendues », souligne-t-il. Une résistance quotidienne qui s’est souvent soldée par des conflits avec ce qu’il nomme « le pouvoir administratif tout puissant ».

Le personnel est conscient des difficultés économiques du service mais déplore l’absence de solutions alternatives à la fermeture du service. « Les grosses pathologies foetales nécessitent de longs séjours hautement techniques qui ne rapportent rien », souligne Élisabeth Meunier. En effet, la tarification à l’activité (T2A), favorable aux actes médicaux courants, rend structurellement déficitaire une unité de grossesse à haut risque (type 3). Si les hôpitaux Port Royal ou Robert-Debré absorbent ce déficit grâce à leur maternité générale, ce ne peut être le cas de la maternité de l’IPP qui prend exclusivement en charge les grossesses difficiles. Une incohérence qu’ont fait valoir les médecins au ministère de la Santé afin d’obtenir une revalorisation des actes médicaux de niveau 3.

Hier après-midi, la direction a assuré que les 27 personnes licenciées seraient « toutes réembauchées », et a ironisé sur le sort du professeur Daffos évoquant « l’activité lucrative de son cabinet personnel ».

Le personnel du service menacé attend, lui, une réaction du ministère de la Santé et espère l’ouverture d’une enquête de l’inspection générale des affaires sociales sur le fonctionnement médical, financier et organisationnel de l’IPP. Certains usagers, parents de grands prématurés, se mobilisent aussi via Internet (1) pour sauver cette structure de pointe dont les activités ne répondent pas à la logique comptable invoquée.

(1) Blog : http://action-ipp. hautetfort. com/



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