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Quid des soignants dans le système de santé ?

CHERE...TRES CHERE SANTE...CHERS TROP CHERS HOPITAUX...PAUVRES...TRES PAUVRES SOIGNANTS !

vendredi 19 octobre 2007.


Chère... très chère santé ! Chers... trop chers hôpitaux ! Pauvres... très pauvres soignants ! Voici comment nous pourrions résumer la situation actuelle, telle qu’elle est ressentie par beaucoup, du moins en ce qui concerne les 2 premiers points, car pour le dernier, peu sont conscients de la réalité du quotidien des acteurs de l’ombre !

Les hôpitaux sont très largement montrés du doigt. Ces établissements trop couteux, qui ne rapportent rien... Ah logique budgétaire quand tu nous tiens !

Certes les hôpitaux ne rapportent rien, ce n’est pas leur vocation, celle-ci étant essentiellement de permettre à toutes et tous d’être accueillis quels que soient les pathologies, le milieu social ou les origines, et d’y recevoir les mêmes soins sans aucune distinction.

Mais l’économie y a fait son entrée en grandes pompes ! Gestion en états prévisionnel de recettes et de dépenses, tarification à l’activité... Des notions de rentabilité qui risquent de faire perdre cette notion première d’aide et assistance à tous.

Cette évolution qui a commencé par les réductions successives des taux directeurs sur les budgets globaux a entraîné une dégradation des conditions de travail des soignants, une réduction de leur nombre et parallèlement les exigences de qualité sont de plus en plus nombreuses. Ils n’ont plus le temps nécessaire à consacrer à leurs patients, absorbés par les paperasseries diverses et variées, devenues nécessaires au calcul de leur rentabilité (cotations de tous leurs actes pour la T2A, évaluations des Pratiques Professionnelles exigées par HAS et consorts...)

Les médecins et les infirmiers y sont de moins en moins nombreux préférant rapidement s’installer en libéral où pour des obligations similaires, les revenus sont nettement supérieurs. La profession infirmière n’attire plus vraiment car les responsabilités et les contraintes de plus en plus importantes au fil des années ne sont pas reconnues, les études de plus en plus longues (même si leur contenu ne semble pas avoir beaucoup évolué) et les salaires de départ tirés de plus en plus vers le bas. Comment valoriser une profession où après 36 mois d’études, vous commencez avec des horaires décalés, des nuits, des week-ends travaillés (en moyenne 2 par mois) pour 1 300 euros !

Pour tenter de garder les médecins hospitaliers, des revalorisations conséquentes leur ont été attribuées (même si au final ils restent toujours loin des revenus de leurs collègues libéraux), mais rien n’a été fait pour les "petites mains du quotidien". Jamais on n’entend parler de leurs revendications, des heures supplémentaires accumulées au fil des ans depuis le passage aux 35 heures qui n’a jamais été compensé en personnel, de la fuite vers le libéral qui laissent les hôpitaux exsangues.

Nicolas Sarkozy l’a dit " l’hôpital doit avoir une autonomie de gestion pour améliorer le fonctionnement et les conditions de travail et, qu’on se le dise, je refuserai l’immobilisme"... Vraiment de quoi rire ! Comment être autonome en gestion lorsque la majorité des paramètres est maîtrisée par des instances qui n’ont qu’un mot à la bouche... restrictions !

La psychiatrie est particulièrement touchée étant le parent pauvre de la santé ! Pourtant au quotidien, celle-ci est mise sur le devant de la scène pour diverses affaires qui ne sont pourtant pas monnaie courante, mais montées en épingle en tant que faits divers lorsque les médias n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent. Dégradée année après année par les divers plan hôpital 2007 puis maintenant hôpital 2012, il lui est maintenant demandé de pallier à toutes les insuffisances de la société : redevenir l’asile (au sens historique du terme) de toutes les misères du monde. Les pathologies sociales ont largement dépassé celui des pathologies mentales dans l’activité de ces établissements, et comment faire lorsque tant en amont qu’en aval, rien n’est prévu pour accueillir ces personnes en errance et en désespérance.

La diminution drastique des moyens depuis près de quinze années, l’augmentation de l’accueil de toute la misère sociale, la diminution des lits d’accueil, celle des moyens conférés au suivi et au travail de secteur entraînent une diminution de la qualité de prise en charge. La tarification à l’activité ne va rien arranger... Il va falloir faire du chiffre et donc augmenter le turn over. Peu importe si le patient n’est pas stabilisé, il faut le faire sortir, quitte à le réhospitaliser quinze jours plus tard. Les chroniques ne rapportent pas !

Peu importe que le Centre médico-psychologique ou l’hôpital de jour n’ait plus les moyens d’assurer une continuité des soins à l’extérieur faute de personnel suffisant !

Jamais, lors des affaires évoquées dans les médias, il n’est dit que la situation va encore s’aggraver si jamais on ne repense pas les moyens !

Ces conditions de travail alliées à la diminution sensible du pouvoir d’achat des soignants provoquent une désertification du secteur de la santé et plus particulièrement de la psychiatrie.

Qui un jour aura le courage de reconnaitre les dégâts provoqués au système de santé par les gouvernements successifs ?



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