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VERS UN DURCISSEMENT DE LA GREVE DANS LES HÔPITAUX.

jeudi 3 janvier 2008.


Les médecins hospitaliers en grève depuis Noël envisagent de durcir le mouvement en compliquant les réquisitions administratives les obligeant à tenir leur poste, a déclaré Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). "Le comportement du gouvernement à notre égard est scandaleux, c’est une honte totale. Roselyne Bachelot (la ministre de la Santé-NDLR) ne veut pas voir que ce conflit est majeur et ne veut pas négocier", a-t-il dit à Reuters.

"Nous contesterons donc les réquisitions qui ne sont pas faites en bonne et due forme, même si les gendarmes doivent venir", a-t-il ajouté.

Cinq syndicats de médecins engagés dans la grève, dont le sien, donneront une conférence de presse vendredi à Paris. Patrick Pelloux appelle les syndicats des personnels hospitaliers à appuyer un conflit, dit-il, "synthèse de tous les maux sociaux du pays et emblème du manque de dialogue social".

Les urgentistes, rejoints jeudi par les anesthésistes-réanimateurs, demandent une négociation sur le paiement des heures supplémentaires accumulées et des jours de congés stockés sur les comptes épargne-temps, ainsi qu’une harmonisation et une revalorisation du paiement des gardes et une discussion sur le temps de travail.

Les directeurs d’hôpitaux, comme ils en ont le pouvoir, les forcent à travailler pour assurer la continuité du service public par des "assignations". Celles-ci doivent être nominatives et remises en mains propres ou par lettres recommandées avec accusé de réception, faute de quoi elles sont irrecevables, disent les syndicats.

Le ministère de la Santé a prévu de recevoir lundi prochain des confédérations syndicales qui chapeautent en théorie les syndicats catégoriels de grévistes, mais ces derniers estiment qu’ils ne les représentent pas.

Patrick Pelloux n’est pas invité. Roselyne Bachelot a déclaré que la grève était peu suivie mais s’est dite prête à discuter, sans prendre d’engagements précis.

Les chiffres sur le contentieux à purger varient. Se sont accumulées dans les hôpitaux, notamment depuis la mise en place des 35 heures, un total de 23 millions d’heures supplémentaires impayées selon le ministère, 27 millions selon l’Amuf. Il y a 2,7 millions jours de congés ou de récupération stockés sur les comptes épargne-temps, 3,5 selon l’Amuf.

Patrick Pelloux assure que cette situation aggrave de jour en jour la situation de l’hôpital public, selon lui étranglé par le contrôle budgétaire. "On est dans une spirale infernale de précarisation des emplois et des conditions de travail à l’hôpital", dit-il.



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